PREPARER LES MOBILITES DE DEMAIN, SUR NOS ROUTES ET DANS NOS TRAINS

Rapport 102875

Intervention Michel LUCAS

Le rapport que nous examinons aujourd’hui est crucial pour les mobilités de demain, les investissements proposés doivent répondre aux attentes de tous les usagers sur l’ensemble du territoire, en milieu rural et urbain, dans tous les types de transport.

Le réseau de transport actuel représente une gigantesque toile d’araignée mal tissée non favorable aux zones rurales, il se concentre essentiellement sur les zones d’activité liées à l’implantation des entreprises autour des métropoles.

Nous, Rassemblement National et Union des Droites pour la République, participons activement par nos amendements au développement du réseau de transport étudié pour répondre au mieux aux besoins des usagers par un compromis gagnant-gagnant pour les zones rurales et urbaines inscrit dans le plan 2023-2027.  Ça c’est l’urgence !

Six SERM sont engagés pour désengorger les métropoles et leurs couronnes. Malgré ces efforts, les activités resteront concentrées car selon les projections de l’INSEE, la population métropolitaine de la France devrait continuer à croître jusqu’à 2050.

Notre territoire rural est à un tournant. Depuis des années, la majorité des emplois et de la croissance se concentrent dans les grandes villes, tandis que nos communes voient partir leurs jeunes en réduisant leur opportunité économique. Pourtant, nous avons des atouts exceptionnels : un cadre de vie envié, un foncier disponible, une identité forte.

Et nous sommes attachés à notre ruralité, là où il fait bon vivre !

Face aux enjeux actuels de société, il est temps d’ajouter une stratégie complémentaire : répartir autrement les entreprises pour rapprocher l’emploi des réseaux de transport structurants, plus proche des citoyens.

Les bénéfices seraient multiples :

De Mobilité :  les déplacements quotidiens deviendraient plus fluides, plus abordables et moins dépendants de la voiture individuelle.

Environnementaux : l’empreinte carbone serait atténuée du fait de trajets plus courts.

De sécurité : du fait de passer moins de temps dans les transports en commun sur des distances plus courtes avec moins de concentration de population.

Sur le pouvoir d’achat : du fait de la baisse des dépenses liées à la baisse des déplacements.

Des services de proximité : par le développement de l’activité en zone rurale favorable aux services de proximité, du commerce, de la santé.

Sur la qualité de vie : du fait d’avoir plus de temps libre, plus de services de proximité

Auvergne-Rhône-Alpes Entreprises nous a prouvé qu’il était possible de s’installer en milieu rural, même dans le Cantal, les derniers rapports étudiés en commission organique nous le confirment.

Nous sommes face à une volonté politique et surtout une volonté collective d’agir en concertation avec tous les partenaires économiques : l’État, la Région, le Département, Auvergne-Rhône-Alpes Entreprises, la CCI, et bien d’autres ….

L’avenant mobilité 2023-2027 au CPER, engage 1,394 milliard d’euros dont 697 M€ apportés par la Région, doit générer sur le long terme un réel progrès de vie aux citoyens de la Région et être bénéfique aux entreprises.

En rapprochant l’emploi des structures de transport régionales, nous rapprochons la vie de son territoire, et faisons du transport public non plus un outil de déplacement, mais un outil d’équilibre et d’avenir.

Nous sommes favorables à ce rapport, et souhaitons Monsieur le Président que cette intervention soit une source d’inspiration pour une meilleure répartition économique sur notre territoire.

Pseudo-défenseur de nos territoires ici mais vrai fossoyeur à Bruxelles !

Amendement présenté par Benoit AUGUSTE

REOUVERTURE LIGNE THIERS – BOËN

Exposé des motifs :

Le rapport régional des mobilités présente une ambition affichée d’“équité territoriale”, mais il omet pourtant un axe majeur de cohésion : la réouverture de la ligne Thiers–Boën, seule rupture ferroviaire entre deux capitales régionales pourtant voisines, Clermont-Ferrand et Saint-Étienne. Cette absence affaiblit la crédibilité de la stratégie annoncée.

Alors que le discours régional met en avant la desserte fine du territoire, cette ligne demeure l’exemple même d’un territoire oublié, pénalisé depuis des années par une coupure. Cette dernière qui désorganise les mobilités quotidiennes, fait chuter l’attractivité économique et prive les habitants d’une alternative réelle à l’automobile.

Le RN défend une politique ferroviaire qui ne sacrifie pas les territoires de moyenne montagne au profit exclusif des axes métropolitains. La réouverture de Thiers–Boën est un levier structurant : elle reconnecte deux bassins d’emplois, soutient la formation et la mobilité des jeunes, renforce la desserte des entreprises industrielles, et offre une option de transport propre aux habitants.

Cet amendement affirme une vision simple : aucune stratégie régionale de mobilité ne peut être crédible si elle ignore les enjeux de continuité territoriale. Il est urgent de cesser la marginalisation des petites lignes, et de réintégrer Thiers–Boën dans la planification régionale, non comme une hypothèse lointaine mais comme un engagement politique clair.

AMENDEMENT :  

Ajouter en fin du chapitre I AVENANT MOBILITÉ 2023/2027 : UN INVESTISSEMENT RÉGIONAL SANS PRÉCÉDENT EN FAVEUR DES MOBILITÉS DU QUOTIDIEN ET DES TRANSPORTS COLLECTIFS, les phrases suivantes :

« La Région inscrit la réouverture de la ligne Thiers–Boën comme objectif prioritaire de desserte territoriale. À ce titre, elle engage une phase d’études pré-opérationnelles en vue de sa réhabilitation et de son intégration à la stratégie ferroviaire régionale. »


Pseudo-défenseur de nos territoires ici mais vrai fossoyeur à Bruxelles !

Amendement présenté par Benoit AUGUSTE

POUR UNE ETUDE STRATEGIQUE SUR LA LIGNE LE PUY – LANGOGNE

Exposé des motifs :

La ligne, Le Puy–Langogne, constitue un axe historique et vital pour le désenclavement du sud de la Région, pourtant totalement absente du rapport. Sa fermeture progressive a fragilisé les mobilités du Velay, affaibli les communes rurales et renforcé la dépendance automobile de milliers de foyers. Le maintien de l’attractivité du territoire et l’accès aux services publics dépendent en grande partie de la capacité à offrir une alternative ferroviaire fiable et régulière.

Le RN refuse que certaines parties de la Région soient reléguées dans une forme de “hors-carte” ferroviaire au prétexte qu’elles ne correspondent pas aux priorités métropolitaines.

Une stratégie régionale ne peut se limiter à sanctuariser les grandes lignes tout en abandonnant les zones de montagne, les agglomérations moyennes ou les corridors ruraux. En proposant la préfiguration d’un plan de réouverture, cet amendement réintroduit l’idée fondamentale que la desserte ferroviaire est un outil d’équité territoriale, et non un simple calcul de rentabilité.

Il s’agit d’un signal politique envoyé aux habitants : la Région ne doit pas choisir entre ses territoires, elle doit les relier. La revitalisation économique et démographique du sud du territoire passe par la restauration de cette ligne stratégique.

AMENDEMENT :  

Ajouter en fin du chapitre I) AVENANT MOBILITÉ 2023/2027 : UN INVESTISSEMENT RÉGIONAL SANS PRÉCÉDENT EN FAVEUR DES MOBILITÉS DU QUOTIDIEN ET DES TRANSPORTS COLLECTIFS es phrases suivantes :

« La Région engage une mission de préfiguration dédiée à l’évaluation technique, financière et territoriale de la réouverture de la ligne Le Puy–Langogne, en vue de son inscription ultérieure dans la programmation régionale des mobilités. »


Pseudo-défenseur de nos territoires ici mais vrai fossoyeur à Bruxelles !

Amendement présenté par Benoit AUGUSTE

COMMISSION D’AUDIT DES SERM

Exposé des motifs :

Le rapport présente les SERM (Services Express Régionaux Métropolitains) comme un progrès majeur, mais ne propose aucun mécanisme indépendant permettant d’en mesurer l’impact réel, notamment pour les territoires non métropolitains. Le RN alerte sur le risque que ces SERM deviennent, en pratique, des aspirateurs de crédits, captant toujours plus d’investissements au détriment des lignes rurales ou de moyenne montagne. Le rapport mentionne un besoin massif d’investissements, mais ne garantit ni équilibre territorial ni transparence des arbitrages futurs.

Créer une Commission d’audit indépendante pluraliste est une mesure de bonne gouvernance : elle permettrait d’évaluer les coûts réels, de prévenir les dérives budgétaires, d’assurer que les fonds ne soient pas centralisés autour des métropoles, et de protéger les petites lignes d’un effet d’éviction croissant.
Cette commission associerait élus minoritaires, experts ferroviaires et représentants des usagers ruraux — ceux qui sont les plus oubliés dans les grandes réformes de mobilité.

Elle publiera des rapports réguliers, permettant d’ajuster les investissements et d’éviter la fuite en avant technocratique. Cet amendement met fin au pilotage “en silo” et restaure la transparence, la prudence et l’équité territoriale.

AMENDEMENT :  

Ajouter en fin du chapitre I) AVENANT MOBILITÉ 2023/2027 : UN INVESTISSEMENT RÉGIONAL SANS PRÉCÉDENT EN FAVEUR DES MOBILITÉS DU QUOTIDIEN ET DES TRANSPORTS COLLECTIFS les phrases suivantes : « D’instituer par ailleurs une Commission régionale indépendante d’audit des SERM, composée d’élus de tous les groupes politiques membres des commissions Transports et Finances, de représentants des usagers, notamment des territoires ruraux, et d’experts indépendants. Cette commission remet chaque année un rapport public évaluant les impacts budgétaires, territoriaux et opérationnels des SERM, ainsi que leur conformité au principe d’équilibre entre territoires métropolitains et ruraux. »


Pseudo-défenseur de nos territoires ici mais vrai fossoyeur à Bruxelles !

Amendement présenté par Benoit AUGUSTE

FEUILLE DE ROUTE ZERO REGRESSION DES PETITES LIGNES

Exposé des motifs :

Alors que le rapport met en avant une modernisation ambitieuse du réseau, rien ne garantit que les petites lignes ne seront pas encore les sacrifiées de demain. L’histoire ferroviaire démontre que toute montée en puissance des projets métropolitains s’accompagne d’une baisse progressive des investissements pour les lignes secondaires. Le RN refuse cette logique qui considère les territoires ruraux comme des variables d’ajustement budgétaire.

La clause “Zéro Régression” impose un principe clair : aucune baisse de fréquence, aucune suppression de service, aucun abandon d’infrastructure sur les lignes rurales existantes tant que les SERM ne disposent pas d’un financement autonome, stabilisé et non prélevé sur les budgets des Lignes de Desserte Fine du Territoire (LDFT).

Cette garantie protégerait les habitants des zones peu denses, pour qui le train n’est pas un choix mais une condition d’accès au travail, à l’éducation ou aux soins. Elle empêcherait également que les investissements dans les métropoles se fassent au détriment des zones rurales. Cet amendement affirme un choix politique structurant : la Région ne doit pas accélérer les trains des métropoles en ralentissant ceux des campagnes. L’équité territoriale exige une protection explicite.

AMENDEMENT :  

Ajouter en fin de I) AVENANT MOBILITÉ 2023/2027 : UN INVESTISSEMENT RÉGIONAL SANS PRÉCÉDENT EN FAVEUR DES MOBILITÉS DU QUOTIDIEN ET DES TRANSPORTS COLLECTIFS les phrases suivantes :

« La Région s’engage à maintenir au minimum les niveaux actuels de desserte, de fréquence et de service sur les lignes de desserte fine du territoire. Aucune dégradation, réduction ou suppression de service ne pourra intervenir tant que la programmation financière des SERM n’est pas stabilisée et identifiée comme additionnelle, et non substitutive aux investissements ruraux. »

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