Rapport 112810
Intervention de Céline PORQUET et Michèle Morel
Céline PORQUET : Monsieur le Président, chers collègues,
L’endettement astronomique de l’Etat et de sa forte progression se répercutent lourdement sur les finances de notre Région Auvergne-Rhône-Alpes. Certes, vous vous en plaignez avec justesse : le niveau de l’endettement de la France a atteint un niveau record de 119 % du PIB fin juin 2026, soit 3,6 billions d’Euros ! Le déficit budgétaire national, quant à lui, se situe toujours largement au-dessus du seul de référence de votre propre Traité de Maastricht ! Vous avez donc raison : la situation financière de l’Etat est catastrophique et la Région en subit les conséquences !
Par contre, ce que vous ne dites pas, c’est que vos gouvernements successifs de droite et de gauche en sont entièrement responsables. Ce que vous ne dites pas, c’est que ce sont les présidents issus de vos camps, Chirac, Sarkozy, Hollande et Macron qui ont conduit notre pays dans le mur. L’ancien Premier Ministre Bayrou avait même le culot d’affirmer « que la dette, c’est chacun d’entre nous ». Non, cette dette colossale, c’est la sienne, c’est la vôtre ! Vous et les vôtres l’avez voté des années durant ! Même vote conseiller spécial, Laurent Wauquiez, l’a cautionné par ses votes successifs à l’Assemblée nationale !
Vous présentez notre région comme la plus industrialisée et la mieux gérée. Mais cette communication se heurte à la réalité économique et aux difficultés vécues par nos entreprises et nos habitants :
- Un taux de chômage qui atteint 7,2 %, son niveau le plus élevé depuis plusieurs années ;
- Des défaillances d’entreprises en hausse de 24 % en 2026 dans notre région, une progression bien supérieure à celle enregistrée au niveau national.
Face à ces résultats, où sont les bénéfices concrets de votre politique de développement économique ? Les annonces ne suffisent pas et vous êtes rattrapé par la réalité
Concernant vos prévisions budgétaires, vous ne cessez de vous vanter en les comparant à celles des années précédentes. Mais elles sont en réalité beaucoup moins brillantes que vos déclarations et cela se vérifie notamment dans le domaine des lycées. Les manifestations des lycéens ces dernières semaines ont mis en évidence vos propres manquements. Comparé à la gauche avant vous, vous ne faites pas beaucoup mieux, car derrière l’appellation pompeuse « Plan Marshal des lycées » se cachent la encore la réalité des chiffres et donc de votre politique pour nos lycées qui est la suivante :
- La part du budget régional consacré à nos lycées est aujourd’hui, en 2026, de 15%, elle était déjà à 15 % en 2016.
- En termes d’investissement, l’ancienne région Auvergne sous René Souchon a investi dans les lycées une partie plus importante de son budget régional que vous et même l’ancienne région Rhône Alpes sous Jean Jacques Queyranne, l’investissement dans nos lycées était d’environ 65% , vous en êtes à 42% …vous ne faites pas mieux que la gauche !
Pour parler en images, avec votre « Plan Marshall », « vous repeignez les façades des lycées pendant que les fondations se fissurent ».
Il faut souligner quand même l’effort régional au Puy-en-Velay : grâce au clientélisme de Laurent Wauquiez, vous avez dépensé 26 M€ au lycée Simone Weil pour la construction d’un gymnase flambant neuf alors que l’établissement n’en avait même pas exprimé le besoin, disposant déjà d’un gymnase. Ce sont 26 M€ qui manquent dans les lycées ailleurs !
Monsieur le Président, il est plus que temps de remettre en question la politique menée dans notre région. À force de vanter une région « la mieux gérée », « la plus écologique », « la plus industrialisée », vous entretenez une image qui s’éloigne de la réalité vécue par les habitants.
Cette communication à outrance finit par desservir la politique régionale et creuse le décalage entre vos discours et leur quotidien. Il est temps de regarder la réalité en face, d’entendre leurs difficultés et d’y apporter des réponses concrètes.
Michèle MOREL : Vos doléances sur l’endettement de l’Etat c’est une chose, pour ce qui vous concerne, on note avec étonnement une explosion du budget de fonctionnement de plus de 400 millions d’euros ; vous cherchez à les justifier par des circonstances extraordinaires alors que vous en portez une lourde responsabilité.
Vous oubliez la gestion déficitaire de l’expérimentation des routes nationales acceptées avec beaucoup d’empressement sans avoir mesurer le gouffre financier que ça représente. Nous vous l’avions fortement déconseillé à l’époque. L’Etat en faillite ne peut, dans ces conditions, assurer une participation financière pérenne. Faut-il aussi revenir sur la reconduite systématique du maintien sous perfusion de la ligne déficitaire à plus de 40% Le Puy-Orly pour plus d’un million d’euros par an. Mais c’est Le Puy vous me direz alors ceci nous explique cela. Nous espérons pour vous, une reconnaissance électorale de ses bénéficiaires !
Vous gardez encore sous silence la gestion invisible de la communication qui devrait, au contraire, être transparente et l’augmentation de la dotation fonctionnement nous fait penser que nous sommes sur la dernière année budgétaire avant le prochain mandat ; donc des aides, des subventions ou autres accordées plus facilement pourront aussi expliquer ceci et cela. Le dossier associations n’est pas anodin.
Côté investissements, vous continuez de glorifier l’exécutif régional sur la 1ère région industrielle de France dans votre magazine n° 37, . Des électeurs vous croiront malheureusement, un peu moins dans le Rhône d’ailleurs car l’honnêteté aurait recommandé que vous auriez poussé la bonne communication à leur expliquer aussi que la région est la seconde de France cette fois-ci mais à enregistrer les défaillances d’entreprise, en hausse de 9% sur un an, nettement au-dessus de la moyenne d’avant-crise. Et le département du Rhône concentre à lui seul près de 30% des procédures de liquidation. Que dire aussi de l’état piteux de nos villes thermales.
L’explication arithmétique d’un fort taux de concentration industrielle, commerciale et économique sur la région ne peut absolument pas expliquer ce déclin. La réalité ne correspond en rien à votre discours affiché. Nous préférons les explications circonstancielles de l’Observatoire de France Travail et de l’INSEE qui sont hélas implacables = l’emploi ne progresse plus puisque le chômage augmente, l’activité industrielle stagne, etc … Notre région n’est pas la seule à avoir subit cette période, cette excuse n’est pas entendable.
La construction du budget viendra confirmer malheureusement tout ce que nous venons de dire.