Rapport 110373
Intervention Rémi GARNIER
Nous savons ce que représentent les Jeux Olympiques pour notre pays, pour nos montagnes, pour nos territoires. Les Alpes françaises constituent le premier domaine skiable du monde. Accueillir les Jeux peut être une formidable vitrine pour notre région, une occasion de mettre en valeur nos savoir-faire, nos stations, nos entreprises et nos athlètes.
Nous partageons donc l’ambition de faire de ces Jeux un succès pour la France et pour les Alpes.
Mais soutenir un projet ne signifie pas signer un chèque en blanc.
Depuis l’origine, nous alertons sur plusieurs points qui demeurent aujourd’hui insuffisamment éclaircis.
Le premier concerne les finances. Derrière les annonces enthousiastes et les promesses de retombées économiques, une question demeure : quel sera réellement le coût pour les contribuables de notre région?
Nous connaissons tous l’histoire des grands événements internationaux. Les budgets initiaux sont souvent dépassés, les dépenses s’accumulent et les collectivités locales se retrouvent à assumer des charges durables. Alors que nos habitants attendent des investissements dans les transports du quotidien, dans les lycées, dans la santé ou dans l’aménagement de nos territoires, nous demandons une transparence totale sur le reste à charge réel des Jeux.
Le deuxième sujet concerne la gouvernance.
Les habitants des territoires concernés ont parfois le sentiment que les décisions se prennent loin d’eux et sans eux. Les modifications successives de certains sites de compétition, les annonces tardives et les arbitrages parfois difficiles à comprendre nourrissent les interrogations.
« Ça ne sert à rien d’être dans des structures ou il n’y a pas de concertation » disait Hervé Gaymard, président du conseil départemental de la Savoie dans une interview pour le dauphiné en décembre dernier, estimant être une variable d’ajustement budgétaire et n’ayant aucune visibilité sur la maquette financière.
Nous estimons qu’un projet de cette ampleur mérite un suivi régulier et public. La Région doit s’engager à rendre compte à chaque étape de l’avancement du projet, de son coût réel et des engagements pris.
Troisième point : la question du pôle glace et des changements de localisation intervenus ces derniers mois.
Le déplacement du pôle glace n’apparaît pas comme le résultat d’une réflexion sportive ou technique aboutie, mais comme la conséquence d’arbitrages politiques dont les habitants et les élus locaux peinent encore à comprendre la logique.
Cette décision intervient dans un contexte politique particulier qui ne peut être ignoré. Beaucoup y voient la conséquence directe des nouveaux rapports de force apparus après l’élection d’Éric Ciotti dans les Alpes-Maritimes. Qu’il s’agisse d’une réalité ou d’une simple perception, le résultat est le même : le doute s’est installé.
Et lorsque le doute s’installe sur les motivations qui président à l’organisation des Jeux Olympiques, c’est la crédibilité de l’ensemble du projet qui est fragilisée.
Ce n’est pas notre conception de l’action publique.
Les Jeux Olympiques ne doivent pas devenir un terrain de marchandage territorial ou de récompenses accordées à certains au détriment d’autres. Ils doivent servir l’intérêt général, celui des Alpes françaises dans leur ensemble, et non les intérêts particuliers de quelques-uns.
La ville de Nice aurait-elle perdu ses épreuves si M.Estrosi était resté le Maire ? La métropole lyonnaise aurait-elle récupéré ses épreuves si la majorité n’était pas de votre famille politique ?
Derrière l’affaire du pôle glace, c’est une question essentielle qui est posée : les Jeux de 2030 seront-ils organisés au service des territoires ou au service d’arrangements politiques ? D’ailleurs, que dire de certaines nominations au COJOP, avec des démissions successives et des suspicions de recasage. Il y a tellement de mouvements qu’il est difficile de suivre, et que la plupart des informations que nous avons, même en tant qu’élu, nous les trouvons dans la presse…
Les habitants de notre région méritent une réponse claire.
Enfin, nous souhaitons que la sécurité demeure une priorité absolue. Les événements sportifs internationaux sont aujourd’hui confrontés à des menaces multiples. L’État et les organisateurs devront garantir des moyens suffisants pour assurer la protection des sportifs, des spectateurs et des habitants.
Oui, les Jeux Olympiques d’hiver 2030 peuvent être une opportunité historique pour notre région.
Mais cette opportunité ne se concrétisera que si les principes de transparence, de responsabilité financière, de stabilité des engagements territoriaux et de sécurité sont pleinement respectés.
C’est pourquoi le groupe Rassemblement National soutient l’ambition de faire réussir ces Jeux, tout en maintenant une vigilance exigeante sur leur préparation et leur financement.
Parce que notre devoir n’est pas d’applaudir aveuglément, mais de défendre les intérêts des habitants d’Auvergne-Rhône-Alpes.