Budget primitif 2009 : équilibre général

Intervention d’Hugues Petit – 19 décembre 2008

Rapport n° 08.12.869 : Budget primitif – équilibre général

Chers collègues,

PETIT365 – 57 – 32, ce n’est pas le numéro personnel de Ségolène ROYAL, ce sont les trois chiffres clés du budget et de la discussion budgétaire.

365 c’est l’emprunt tel qu’il nous était annoncé dans le premier document. Pour le coup J.J. QUEYRANNE nous disait qu’il se faisait gloire d’avoir un endettement maîtrisé, ce qui était un choix, disait-il, responsable. Nous pouvons à la fin de cette discussion mesurer non pas la responsabilité mais l’irresponsabilité de l’exécutif. En effet déjà maintenir l’emprunt au niveau très élevé qu’il avait atteint les années précédentes était contestable, non pas qu’en période de crise il soit absurde de faire appel à l’emprunt. Le problème est que lorsqu’on a déjà beaucoup emprunté au cours des années précédentes, on peut se poser la question de la pertinence de ce choix. Donc déjà maintenir l’emprunt était un choix contestable. Lire la suite

Budget primitif 2009 : amendement de modération du coût de la Carte Grise

par Hugues PETIT

MOTIF :
La Région Rhône-Alpes a été le berceau de l’industrie automobile :

  • Audibert et Lavirotte et Berliet viennent naturellement à l’esprit, mais aussi Cottin et Desgouttes, Pilain, La Buire, Rochet-Schneider, Vermorel, Mieusset, ou encore Aixam de nos jours pour les camions et voitures,
  • SAVIEM ou Irisbus pour les cars et bus,
  • Deronzière, New-Map, Koehler-Escoffier, Simard, Impérial, Bufflier, MGC, Viratelle, Vincent, Monet-Goyon ou BFG pour la moto,

sont des entreprises rhônalpines qui ont marqué et marquent encore l’histoire automobile, pour n’en citer que quelques-unes.
Le musée de Rochetaillée et l’amicale Berliet en conservent pieusement les reliques.

En raison de la crise qui frappe durement le secteur automobile, des pans entiers de notre histoire industrielle sont aujourd’hui menacés, et de nombreux ouvriers, intérimaires, sous-traitants se retrouvent en ce moment même en congés forcés, chômage technique ou en licenciement.

Notre Région doit donc faire un geste fort et symbolique pour soutenir la relance de l’activité économique.

AMENDEMENT :
Ramener le coût de la carte grise à son niveau de 2004, soit 28 € / CV (14€/CV pour les véhicules « propres », dont seront exclus les véhicules roulant au GPL en raison de l’intérêt nul de ce carburant en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre),
la diminution des recettes en résultant étant largement compensée par les économies proposées par ailleurs.

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Explication :
J’y ai fait allusion ce matin en disant que nous proposerions un certain nombre d’amendements d’économies et qu’il nous paraissait préférable de faire porter ces économies sur un poste clairement identifié, en l’occurrence la carte grise. Ce serait à la fois l’occasion de soulager les automobilistes rhônalpins et l’occasion de montrer qu’on arrête de faire la chasse aux automobilistes. Chacun sait que l’économie est une science psychologique, ce serait de nature à relancer cette industrie.
(…)
Le sous-amendement de Monsieur Hamelin [-UMP-, conservant le coût actuel par CV tout en appliquant le taux minoré aux véhicules rejetant moins de 130 g de CO2, NDLR] vide le nôtre de son contenu. Comme le remarquait Monsieur Debat à l’instant, Monsieur Hamelin prend acte du niveau de la carte grise qu’il avait refusé l’année dernière, et surtout il prend acte d’un niveau de carte grise supérieur de 54 % à ce qu’il était à l’époque où lui et ses amis se trouvaient en responsabilité à la Région.
J’admets que ce que nous proposons suppose beaucoup d’économies, on peut imaginer que Monsieur Hamelin fasse une contre-proposition mais celle qui fait là est trop faible par rapport à notre ambition.

Budget primitif 2009 : à propos d’un amendement PS sur les formations continues

Réplique de  Dominique Martin – 18 décembre 2008

Tout ce qui a été dit globalement est juste mais ne correspond pas à l’excellente intervention de notre collègue Mme de Lacheisserie hier.

Vous avez anticipé si je regarde bien puisque, entre le BP 2008 et le BP 2009, vous avez augmenté la ligne de près de 4 M€. Le mieux est l’ennemi du bien, il n’y a pas besoin d’en rajouter, sinon nous avons un certain doute sur ce que vous auriez envisagé de faire.

Je reviens sur les deux amendements précédents, les 22 et 23. Manifestement, vous avez décidé de ne pas aider et les apprentis et les maîtres de stage. Il faut être cohérent, on va partout dans le même sens, il n’y a pas de priorités ou d’antipathie en direction des chefs d’entreprise maîtres de stage.
Nous nous y opposerons.

Budget Primitif 2009

par Hugues PETIT

Chers collègues, la crise a bon dos ! Elle permet à M. Sarkozy de tourner le dos à tous les engagements qu’il avait solennellement pris devant le corps électoral, à tel point qu’hier le Canal Enchaîné titrait « Ca n’est plus Sarko, c’est ça r’cule » !

Voici quelques semaines, les membres les plus éminents du parti socialiste lui proposaient déjà une carte, je ne sais pas si c’était au tarif réduit que proposait Mme Royal. Plus méchants encore certains primitifs qui ont détecté chez M. Sarkozy le symptôme de la chiraquisation. C’est une expression qui me paraît franchement insultante.

La crise a bon dos pour Sarkozy, elle a bon dos pour Jean-Jack Queyranne, lequel vient ou va nous rajouter dès que cela aura été voté par sa majorité une louche d’emprunt, 57 M€, excusez du peu ! 16 % de plus que ce qui était prévu à l’origine ! Quand vous nous proposiez le chiffre d’origine, Président, vous écriviez qu’un endettement maîtrisé était un choix responsable. Là, votre emprunt, vous ne le maîtrisez plus tout à fait. C’est l’évidence.
Et tout cela au nom de la crise.

Mais quelle crise ? Je ne nie pas qu’il n’y a pas de crise mais quelle crise ? Pour tout le monde et en particulier pour le président tout à l’heure, il l’a dit, voilà comment il la décrite : « une panne de croissance impactée par la crise financière« . C’est vrai. Mais il y a derrière cette crise visible dont tout le monde parle des crises dont on ne parle pas, beaucoup plus profondes, beaucoup plus anciennes, beaucoup plus graves.

On pourrait en citer plusieurs, je m’en tiendrai à trois pour des raisons de temps : une crise de la mondialisation, une crise de la confiance et une crise de la responsabilité.

Pourquoi parler de cela ? Parce que c’est le diagnostic. Si nous nous trompons de diagnostic sur la crise, il y a peu de chance que les remèdes proposés soient les bons.

D’abord une crise de la mondialisation.
Indubitablement, il y a eu cet été une crise financière aux Etats-Unis. Ce sont les faits. Mais si cette crise s’est répandue si rapidement, c’est en raison de l’hyper mondialisation. Entendons-nous bien, la mondialisation a toujours existé, il y a toujours eu du commerce international. Les gens qui connaissent un peu l’histoire économique savent que déjà dans l’antiquité il y avait du commerce international. Mais il s’est passé quelque chose de nouveau au XXème siècle, c’est que les souverainetés sont tombées devant les réalités commerciales et qu’aujourd’hui les Etats n’ont plus aucun moyen de se défendre. Tant et si bien que les sommes, des milliards de dollars ou d’euros, passent en quelques secondes d’un pays à un autre. A tel point que les institutions les plus sérieuses, par exemple la BNP chez nous prête l’argent de ses clients à l’escroc américain Madoff.
Voilà la situation aujourd’hui.
Notre excellent collègue, Monsieur Avocat, disait tout à l’heure qu’on revenait au keynésianisme, mais la limite du keynésianisme, c’est la mondialisation. D’ailleurs, vous l’avez éprouvée cruellement vous-mêmes socialistes en 1983 quand il a fallu abandonner votre politique de relance par la consommation ; vous avez donné de l’argent aux Français qui ont acheté des produits à bas coûts qui venaient d’Extrême-Orient. Aujourd’hui, vous allez remettre de l’argent qui partira pour une bonne partie vers les pays qui ont des coûts de production plus faibles que les nôtres.

Cette première crise va engendrer une seconde qui est la crise de la confiance.
Aujourd’hui, on la voit de manière très nette. On a beau prendre des mesures pour essayer de redonner la confiance, elle ne revient pas. On met des taux d’intérêt à zéro, ce qui devrait doper la bourse, cela la dope 24 heures. Le lendemain, c’est fini. On dépense des sommes d’argent considérables à la Région, dans les départements, les villes, l’Etat, l’Europe, les Etats-Unis, et pourtant, la confiance ne revient pas.
Et pourquoi ne revient-elle pas ?
Parce que, nous le croyons, il existe une crise de confiance qui est très ancienne. Un signe ne trompe pas, c’est la crise démographique. Voilà quarante ans que nous assistons à une crise de la démographie, au triomphe du vieux Malthus qui pensait qu’à la fin du XXe siècle il n’y aurait pas loin de deux cents millions d’Anglais sauf si l’insuffisance de la production agricole faisait les ravages de la famine.
Ceci n’était pas vrai mais Malthus a quand même gagné en ce sens que les Etats aujourd’hui ont peur des enfants. Tous les moyens sont utilisés pour empêcher des enfants français de venir et le résultat, c’est qu’on est obligé, le croit-on du moins, de faire appel à l’émigration avec tous les problèmes qui en découlent.
On pourrait donner un autre exemple de cette inquiétude devant l’avenir, cette crise de la confiance, c’est l’attitude de plus en plus répandue devant l’automobile. L’automobile est un des secteurs qui a enregistré le plus de progrès dans le domaine de la sécurité et du confort et même de l’environnement. On le constate chaque jour, vous êtes derrière une voiture récente, il n’y a pratiquement pas de fumée qui sort. Si la voiture a une dizaine d’années, il y a des panaches énormes de fumée. On voit bien toutes les améliorations qui ont été apportées.

Crise enfin de la responsabilité.
A la fois l’Etat prétend tout faire et l’Etat n’assume pas ses obligations minimales, et la première de ses obligations, c’est quand même d’assurer l’avenir.
J’évoquais à l’instant la question de la natalité et le problème des retraites aujourd’hui, mais il faudrait aussi dire la folle attitude de l’Etat en matière d’emprunt dont nous sommes encore en train de donner un exemple aujourd’hui. Passe encore qu’on emprunte en période de vaches maigres mais au moins faudrait-il rembourser les emprunts en période de vaches grasses. Nous ne faisons rien de tout cela.

Face à ce diagnostic, il y a le choix entre deux possibilités, deux politiques. La première, malheureusement, c’est celle que vous prenez. Une fois de plus, vous allez vous attaquer aux symptômes, vous allez identifier une fausse crise et donner de faux remèdes, ou peut-être enfin serait-il temps de prendre l’exacte mesure de la crise qui nous frappe non pas depuis quelques mois mais depuis des décennies et véritablement s’attaquer au véritable problème. Je n’en prendrai que deux exemples.
Je le disais hier citant Charles Mauras, une politique se juge à ses résultats et non pas, comme vous le faites chaque fois, à la mesure des sommes qui sont dépensées. J’essayais de faire le compte de toutes les mesures que vous proposez aujourd’hui dans votre amendement, 34 mesures supplémentaires : est-il meilleur exemple de saupoudrage ?

Ce qui compte, ce sont les résultats. Or, vous avez au moins deux secteurs où pour le moins l’efficacité de votre politique n’est pas démontrée.
Premier exemple, la formation professionnelle. Notre collègue, M. Carle, a été chargé d’un rapport sur la formation professionnelle et on en connaît toutes les limites. Un bon connaisseur comme Dominique Martin vous montrera tout à l’heure dans son amendement comment on peut réaliser d’importantes économies dans ce secteur sans que la formation professionnelle en souffre bien au contraire.
Deuxième exemple, la politique de la ville. La cour des comptes a démontré dans deux rapports que le moins qu’on puisse dire, c’est que l’efficacité de cette politique n’était pas prouvée. Alors pourquoi continuer à mettre de l’argent dans ce secteur sinon pour provoquer des effets d’annonce en disant : « Vous voyez, nous faisons quelque chose, nous donnons de l’argent ! »

C’est ce qu’il aurait fallu faire. Un vrai budget anticrise aurait consisté à faire un retour sur soi-même, tous ici et surtout vous parce que cela fait des années que nous le disons, mais nous aurions été d’accord pour faire notre mea culpa avec vous si vous aviez accepté de faire un pas dans la bonne direction.
Tous, essayez de voir les erreurs qui ont été commises et, plutôt que de persévérer dans l’erreur, renoncez avec les erreurs d’appréciation pour essayer d’apporter de véritables solutions. Je vous remercie.

Etat du contrat de projets Etat-Région 2007-2013 : audition du Préfet

Intervention de Charles Perrot – 18 décembre 2008

Merci Monsieur le Préfet, Monsieur le Président,

Charles-PerrotJe ne prends pas la parole comme conseiller régional aujourd’hui mais comme un patron de PME que je suis. Je vous rassure, il s’agit d’une PME de plus en plus petite, ce qui va d’ailleurs certainement réjouir nos camarades communistes !

Je suis le patron d’une PME industrielle pure et dure, une PME qui fabrique des produits 100 % made in France à côté de Saint-Etienne, je suis un patron qui a toujours refusé la délocalisation que tous les banquiers me suggèrent depuis des années à grands concours d’ailleurs de financements d’Etat.

J’employais 200 salariés fin septembre, Je n’en employais plus que 160 fin novembre. Je n’en emploierai plus que 150 fin décembre. Je pense que mon entreprise va peut-être mourir demain à cause de la crise ou à cause de vous ! Lire la suite

Modalités d’intervention régionale sur les projets d’investissement des établissements de formations sanitaires et sociales.

par Nicole de LACHEISSERIE

Monsieur le Président, monsieur le Vice-président, chers collègues,

À la demande de la Région, une étude conduite par le cabinet SOCOTEC montre des besoins urgents pour l’aménagement, la conservation, la réhabilitation et la mise en sécurité des locaux des établissements sanitaires et sociaux.

Après le transfert aux Régions de la responsabilité de la formation et des bourses aux étudiants, du financement des établissements en formations sanitaires et sociales, aujourd’hui la Région veut participer au financement et à la réalisation d’équipements sanitaires et sociaux. Je rappelle le texte de loi du Sénat du 13 août 2004 relatif aux libertés et responsabilités locales. Je cite : « <i>Les conditions dans lesquelles les Régions pourront, à titre expérimental et volontaire, participer au financement et à la réalisation des équipements sanitaires</i> ».

En 2006, lors de l’assemblée plénière de janvier, vous proposiez une garantie d’emprunt relative aux investissements des établissements de formation. À l’époque, le groupe Front National vous faisait remarquer : « <b>La Région propose son soutien à des établissements par une garantie d’emprunt et peut-être demain par un financement total</b> ». Nous y arrivons…

Aujourd’hui, vous nous proposez une participation régionale de 34 %, soit 7,5 M€ du coût total des projets pour seulement 4 établissements de la région, avec des co-financeurs attendus sans lesquels ces projets ne peuvent aboutir.

Et demain ? Vous financerez tous les établissements de la région avec une participation supérieure à 34 %.

De plus, le coût par établissement n’est pas précisé. N’est-ce pas ce que vous appelez pudiquement un effet d’aubaine ? Vous envisagez de financer des établissements comme l’IRFSS Croix Rouge de Saint-Etienne. Vous aviez raison, monsieur le Vice-président, de nous inviter à consulter le site de la Croix Rouge française. Ressources pour l’année 2007 provenant des organismes publics, donc des contribuables : 557 M€. N’est-ce pas suffisant pour financer ce projet ?

L’IFTS d’Echirolles qui occupe illégalement des locaux comme vous le précisez dans l’annexe de votre rapport, seraient-ils des squatteurs ces futurs éducateurs ?

Comme nous ne sommes pas tout à fait négatifs, nous approuvons l’un des paragraphes de ce rapport. Je cite : « <i>L’importance des besoins et le « manque à gagner » d’ores et déjà pris en charge par la Région au titre du fonctionnement des établissements, ne lui permettent pas de s’engager dans une politique globale d’aide à l’investissement</i> ». Ce qui contredit ces 4 projets d’investissement et, bien sûr, les futurs.

Vous l’aurez compris, pour toutes ces raisons évoquées, le groupe Front National votera contre ce rapport.

Voeu de la Gauche contre la généralisation du travail du dimanche

par Marie-christine de PENFENTENYO

Nous souscrivons tout à fait à l’opinion émise par les deux socialistes qui viennent de s’exprimer.

Quant au départ de nos collègues de l’UMP, nous trouvons parfaitement lamentable qu’ils ne soient même pas capables de prendre leurs responsabilités dans un débat public, qui concerne également tous les gens de Rhône-Alpes. Ils s’en vont ; comme le disait notre collègue, M. Petit, tout à l’heure : « Comme Ponce Pilate, ils se lavent les mains de ce qui va arriver derrière eux. » C’est tout à fait inadmissible.

La vie politique nous réserve décidément toujours des surprises parce qu’en vérité, qui a initié et qui promeut cette loi, sinon M. le Chanoine du Latran, j’ai nommé M. Sarkozy, qui est allé jusqu’à Rome se faire introniser par le Saint-Père, qui a fait des salamalecs lors de la visite du souverain pontife en France et qui, finalement, va exactement à l’encontre des opinions qu’il a cherché à exprimer à ce moment-là.

Par ailleurs, il apparaît que des personnes que l’on pensait grands pourfendeurs des réalités surnaturelles, je pense à L’Humanité, qui titre ce matin, « Le dimanche, c’est sacré », il croit donc au sacré. C’est tout à fait extraordinaire !

Cela dit, je ne vais pas m’attarder longtemps sur le fond de ce dossier. Nous sommes tout à fait d’accord avec ce qui est exprimé à la fois en ce qui concerne la déstructuration de la vie sociale, l’éclatement de la cellule familiale, la santé des gens qui ne peuvent plus se reposer le dimanche, qui n’ont plus cette régularité dans leur emploi du temps.

Donc, sans m’étendre davantage, pour nous qui ne sommes pas sectaires comme certains autres ici, nous voterons ce vœu proposé par les socialistes.

Nouvelles modalités de prise en charge des aides à l’investissement pour l’éducation physique et sportive obligatoire des élèves des lycées publics et privés sous contrat.A propos d’un amendement UMP

Réplique de Marie-Christine de Penfentenyo – 17 décembre 2008

A propos d’un amendement de l’UMP

Monsieur le Président,

Comme vous regardez toujours à votre gauche, vous ne voyez pas ce qui se passe à votre droite ! La présence du MoDem va peut-être vous recentrer un peu puisqu’elle se trouve sur les rangs de droite.

Je voulais rebondir sur ce que disait M. Hazard tout à l’heure et vous disiez que c’était un combat d’arrière-garde la querelle privé/public.

En réalité, pas tellement. Elle s’est déplacée, il y a d’un côté privé sous contrat public et de l’autre côté les écoles sans contrat, qui ne vous coûtent pas un centime et dont les enfants, qu’ils soient juifs, musulmans, catholiques ou rien du tout, se voient privés d’un certain nombre d’aides publiques alors que leurs parents les mettent dans de tels établissements d’une part parce qu’ils ont la liberté de faire et, d’autre part, parce qu’ils ont sans doute de bonnes raisons liées soit à leur conviction, soit à la scolarité de leurs enfants.

Par conséquent, ces enfants qui ne vous coûtent pas un centime en scolarité, ni en bâtiment, se voient également privés de l’argent public auquel ils ont droit -puisque leurs parents paient des impôts comme les autres- pour beaucoup de choses mais en particulier et en l’occurrence pour les équipements sportifs.

Je considère personnellement que cette querelle est loin d’être terminée, que vous l’entretenez par votre idéologisation de la scolarité des élèves.

Nouvelles modalités de prise en charge des aides à l’investissement pour l’éducation physique et sportive obligatoire des élèves des lycées publics et privés sous contrat.

par Jean-Pierre BARBIER

Monsieur le Président, monsieur le Vice-président, chers collègues. Que faut-il aux facultés, lycées, centres d’apprentissage, collèges, écoles communales et aux associations pour pratiquer l’EPS, sous votre slogan « le sport pour tous » ? Il faut des stades, des salles omnisports ou éventuellement certaines salles des fêtes.

L’audit est simple, dans pratiquement chaque commune de la région Rhône-Alpes il y a des stades, des salles des fêtes. Tous ces investissements représentent une surface utilisable considérable pour l’EPS et déjà financée.
Où est le problème pour agencer et utiliser ces infrastructures pour le décideur chargé de mettre en place leur utilisation ?
Aujourd’hui, force est de constater que chaque collectivité a son patrimoine et l’utilise en fonction de la décentralisation de l’Etat. Par ce système, nous nous apercevons du doublon de ces structures qui ne sont pas utilisées au maximum et, plus grave, les croisements de subventions ou les différentes locations des infrastructures déjà payées par le contribuable.
Il est grand temps d’arrêter cette politique de gaspillage, la crise est là, soyons vigilants avec l’argent des Rhônalpins.
Il est grand temps de faire l’audit de tous les ensembles plein air ou fermés pour qu’une seule collectivité en assume la gestion pour l’utilisation optimale de ces infrastructures. Exemple : pratique de l’EPS le jour par l’Education, le soir et les week-ends par les associations de la commune et pendant les périodes de vacances utiliser ces infrastructures par la pratique du sport pour tous.

Concernant l’aide à l’investissement modulée avec taux différents, je ne vois pas pourquoi nous donnerions 60 % aux grandes villes pour les inciter à combler leur retard alors que ceux qui trouvent des solutions pour les lieux où l’on peut pratiquer l’EPS ne recevraient que 20 %. C’est une décision discriminatoire où l’on retrouve toute l’idéologie socialo communiste.
En revanche, le lycée qui se trouve au niveau 3 devrait mettre à disposition des associations, le soir, ses infrastructures pour amortir celles-ci et en permettant leur utilisation par des clubs privés.
En résumé, il faudrait donner des moyens à tout le monde pour la pratique du sport en optimisant l’utilisation de tous les bâtiments et terrains de proximité, quelle que soit la collectivité qui a financé ces investissements. Cela aura pour conséquence d’éviter de passer plus de temps dans les transports qu’à pratiquer et de permettre des économies de budget.
Nouvelle injustice vis-à-vis des contribuables. Avec les différents taux de subvention, il est anormal que nous donnions 60 % du financement aux grandes villes par rapport aux 20 % que nous donnerions au niveau 3, c’est-à-dire les petites et moyennes villes.

Quant à la demande de développement durable, pourquoi ne pas utiliser du bois de la région Rhône-Alpes en tant que matière innovante, mais à condition que les arbres arrachés soient replantés. Sachant que l’entretien du bois coûte cher, est-ce que le bois est une solution écologique (traitement du bois, vernis, etc) ?

Concernant les tarifs de construction, je les trouve exorbitants. Pour le 1 248 m2, en catégorie A, le prix du m2 est de 1 318 €, pour le 1 056 m2, il est de 1 376 € et pour le 600 m2, il est de 1 488 €. Aucune construction industrielle avec bureaux, toilettes, ne dépasse 1 000 € du m2. De plus, avec la conjoncture actuelle, les prix ont tendance à baisser de 20 à 30 %. Il faudrait en tenir compte dans l’impact budgétaire, terminer les stocks du crédit en 2010 et surtout ne pas hypothéquer le futur jusqu’en 2012 sans savoir l’évolution de la conjoncture.

Quant à la rénovation, les prix sont exorbitants et c’est de la folie de vouloir aller dans cette orientation car le prix du bâtiment + la rénovation coûte plus cher que du neuf. Quelle aberration !

La conjoncture démontre qu’il y a de plus en plus de gens nécessiteux. Nous vous le répétons sans arrêt depuis de nombreuses années. Cette politique d’investissement avec de tels prix est le tonneau des Danaïdes, mais vous continuez à persévérer dans cette orientation gargantuesque qui, obligatoirement, laissera encore plus de personnes dans la nécessité.
Acheter mieux en faisant des économies, cela est possible. La preuve est faite à Villefranche/Saône où 4 entreprises ont été achetées par nos frères musulmans dans lesquels 4 centres culturels ont été soit bâtis, soit remis en état. À l’intérieur de ces centres culturels, nous trouvons la possibilité de prier, d’enseigner, de faire du sport et du négoce. Nos frères musulmans ont trouvé des systèmes très intéressants, je ne vois pas pourquoi nous ne ferions pas de même.
Beaucoup de nos villages et communautés de communes ont créé des zones artisanales ou industrielles. La conjoncture fait que beaucoup d’entreprises ferment. Au lieu d’en faire des friches industrielles, réaménageons ces espaces à moindre coût, ce qui préserverait le pouvoir d’achat des Rhônalpins, permettant de rapprocher des utilisateurs des infrastructures au lieu de passer plus de temps dans les bus qu’à pratiquer le sport pour tous.
Faire des économies, nous serons avec vous. Dépenser sans compter, nous serons contre vous. C’est pour cela que nous voterons contre ce rapport.

A propos d’un voeu de la Gauche sur l’Education nationale

par Hugues PETIT

Si les problèmes de l’enseignement de l’Éducation nationale venaient d’un manque de moyens, cela se saurait. Toutes les études internationales qu’il m’a été donné de voir montrent qu’il n’existe aucune corrélation entre les sommes engagées dans les différents systèmes d’enseignement et les résultats obtenus.

Il est vrai qu’il est plus facile pour nos collègues communistes de dire qu’il n’y a pas assez de moyens dans l’Éducation nationale (cela vaut aussi d’ailleurs pour les socialistes), plutôt que de se poser la question de leurs propres responsabilités : responsabilité pédagogique, responsabilité concernant le climat dans lequel on travaille.

M. Jehano disait à l’instant que l’on voulait favoriser le privé ; mais, à l’heure actuelle, on freine des quatre fers pour empêcher les gens d’aller dans le privé ; on s’oppose à l’ouverture de nouvelles classes dans le privé. Qui va dans le privé ? Pas seulement les gens favorisés socialement. Au contraire, ce sont souvent les plus défavorisés qui vont dans le privé car ils savent qu’ils auront un peu plus de tranquillité et une meilleure formation.

Donc, avant de remettre en cause les crédits de l’État, que je ne suis pas là pour défendre, posez-vous la question de savoir, vous qui êtes dans l’Éducation nationale, quelle est votre part de responsabilité tant au niveau de la pédagogie qu’au niveau de l’ambiance de travail.